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TheMatrix - Fr
The Matrix The Matrix Reloaded The Matrix Revolutions
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- Les différents articles de presse:

TÉLÉRAMA, 15 mai 2003
"Un scénario machiavélique et haletant. De l’univers des ordinateurs et des réseaux informatiques, il ne reste dans MATRIX RELOADED que le langage binaire. Soit on est dans l’action (boumbadaboum), soit on est dans son commentaire (blablablabla). Et ça fait toujours toc." (Frédéric Strauss)

CINÉ LIVE, juin 2003
"Un déluge d'effets spéciaux, des envolées philosophiques et un Keanu Reeves au diapason font de ce film plus qu'un simple divertissement : le manifeste d'une certaine modernité du cinéma." (Jean-Paul Chaillet)

DVDRAMA, 15 mai 2003
"MATRIX RELOADED en tant que tel, est un film d’action pur et dur, qui tente pompeusement de se donner une justification philosophique ne reposant sur rien. Autant MATRIX avait réussi ce pari de difficile d’habilement argumenter sa réflexion pour y introduire la démesure de l’action, autant MATRIX RELOADED propose une orgie d’effets spéciaux qui ne repose que sur des redites insipides du premier, où visiblement les frères Wachowski avaient tout dit." (Cédric Melon)

LE JOURNAL DU DIMANCHE, 18 mai 2003
"C’est bien le spectacle annoncé. Une débauche de créativité au service d’un récit fascinant bien que brumeux et souvent bavard. (...) Révélation : Lambert Wilson. Crédibilissime en méchant petit Français." (Carlos Gomez)

LE MONDE, 17 mai 2003
"(…) MATRIX RELOADED, que l'on peut traduire par "la matrice rechargée", aurait dû s'appeler MATRIX OVERLOADED – surchargée. (…) On aurait tort de prendre tout ça aussi au sérieux que le font les auteurs. D'un strict point de vue utilitaire, mieux vaudrait sans doute éviter les projections en salle et attendre le DVD pour procéder dans son salon à un montage maison qui ramènerait ce film à sa nature de divertissement futé." (Thomas Sotinel)

LE PARISIEN, 16 mai 2003
"Pour faire passer cette pilule trop métaphysique pour être commercialement rentable, les mystérieux frères Wachowski ont fait de leur film un comprimé effervescent dans un verre d'eau gazeuse. MATRIX RELOADED, c'est Monsieur Plus dans la science-fiction : plus de combats aux chorégraphies hautement sophistiquées associés à plus de poursuites et d'effets spéciaux annulent tout ce qu'on a vu jusqu'ici." (Pierre Vavasseur)

LIBÉRATION, 15 mai 2003
"Soyons clairs : THE MATRIX RELOADED, deuxième volet de la trilogie superlative des frères Andy et Larry Wachowski, est très nettement supérieur à l'épisode précédent. A cela une raison simple : la pression économique, c'est un euphémisme, a disparu. (…) On pouvait reprocher à MATRIX opus 1 ses promesses non tenues : une poignée de scènes mémorables et un infini blabla. Au-delà du coup d'Etat scopique constitué par l'illustre "effet Matrix" (le ralenti suspendu), les Wachowski l'avaient finalement joué petit bras. Avec l'opus 2, les compères n'avaient plus d'alibi pour ne pas se lâcher. On en voulait beaucoup plus ? On vient d'être servi." (Philippe Azoury, Didier Péron, Olivier Séguret)

LE FIGARO, 16 mai 2003
"(…) Apparitions réjouissantes et séduisantes, Lambert Wilson et la sculpturale Monica Bellucci viennent apporter leur caution internationale au spectacle. Ultime concept celui des guest stars en visite. Petite cerise divertissante sur l'énorme cyber-gâteau de cette apothéose. Il arrive aussi que les superproductions ressemblent à des pâtisseries." (Dominique Borde)

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- L'article de CANAL PLUS:

Quelques chiffres…

Quatre ans après le succès de MATRIX, ses 4 Oscars, ses 456 millions de dollars de recettes à travers le monde et surtout ses 25 millions de vidéos et de DVD écoulés ; après 9 mois de tournage consécutif des épisodes 2 et 3 pour une facture avoisinant les 300 millions de dollars (le premier en a coûté 65), dont 40 millions pour une scène de baston de 17 minutes, et 2,4 autres millions pour construire un kilomètre d’autoroute pour les besoins d’une seule séquence tournée en 45 jours, 2 500 effets spéciaux ou encore 300 voitures démolies… oui, après tout cela, MATRIX RELOADED est présenté, hors compétition, le 15 mai 2003 au 56ème Festival de Cannes.

Blessures d’acteurs...
Un tournage aussi physique peut difficilement être sans risque. Ainsi, après Keanu Reeves et Hugo Weaving pour le premier épisode, c’est au tour de Carrie-Anne Moss et Laurence Fishburne. La comédienne s’est cassée une jambe à l’entraînement et son partenaire s’est fracturé un bras.

Décès d’actrices...
Décédée dans un accident d’avion le 25 août 2001, la chanteuse Aaliyah, vue dans ROMÉO DOIT MOURIR (2000) et LA REINE DES DAMNES (2002), devait à l’origine interpréter Zee. Le rôle est finalement tenu par Nona Gaye, fille du chanteur Marvin Gaye, et aperçue dans ALI de Michael Mann (2001). Quant à Gloria Foster, qui incarne à nouveau le personnage de l’Oracle, elle est également brutalement disparue, le 29 septembre 2001. La comédienne avait bouclée toutes ses scènes pour MATRIX RELOADED mais aucune pour THE MATRIX REVOLUTIONS.

Wilson et Bellucci...
Parmi les nouveaux personnages, Merovingian et Persephone sont respectivement interprétés par le français Lambert Wilson et l’italienne Monica Bellucci. "Le personnage de Merovingian est plutôt du côté des méchants – les gentils, dans MATRIX, on sait qui c’est ! Mais, en même temps, il est un peu entre les deux. Avec sa femme Persephone, ce sont des programmes de la matrice. Merovingian sait programmer toutes les langues, mais il adore le français, et l’accent français, parce qu’il considère – comme les Américains ! – que c’est très sensuel." (Lambert Wilson, Studio Magazine, avril 2003)

Clin d’œil à une Palme d’Or...
Jusqu’à la fin du tournage, le film se fait sous le nom de code "The Burly Man" ("le costaud"), titre du scénario écrit par Barton Fink dans le film éponyme des frères Coen, Palme d’Or à Cannes. En référence à ce titre, la scène de combat entre Neo et la centaine d’agents Smith est baptisée "Burly Brawl" ("grosse baston").

Silence kubrickien...
Sur leur contrat, les frères Wachowski ont réussi à obtenir de la Warner une clause qui les dispense d'interviews. Avant eux, un seul cinéaste était parvenu à obtenir avec ce studio une telle liberté : Stanley Kubrick.

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- L'article de LIBERATION:

Soyons clairs : The Matrix Reloaded, deuxième volet de la trilogie superlative des frères Andy et Larry Wachowski, est très nettement supérieur à l'épisode précédent. A cela une raison simple : la pression économique, c'est un euphémisme, a disparu. La trilogie est désormais assurée d'un succès que beaucoup de professionnels refusaient d'envisager pour son premier volet, au point que Joel Silver, déjà producteur de la chose, souhaitant alors se prémunir d'un four, en avait vendu la moitié des droits juste avant la sortie. On pouvait reprocher à Matrix opus 1 ses promesses non tenues : une poignée de scènes mémorables et un infini blabla. Au-delà du coup d'Etat scopique constitué par l'illustre «effet Matrix» (le ralenti suspendu), les Wachowski l'avaient finalement joué petit bras. Avec l'opus 2, les compères n'avaient plus d'alibi pour ne pas se lâcher. On en voulait beaucoup plus ? On vient d'être servi.

Versus Hollywood

Alors, de quoi ça parle ? Pour sauver Zion, ultime poche de la Résistance humaine à l'empire des machines, Neo (Keanu Reeves, beaucoup plus crédible en nouveau Moïse : serait-ce l'amaigrissement ?) doit percer le secret de la Matrice, coeur de toutes choses. La Matrice, aucun doute, c'est Hollywood : une entité chargeant à destination de la planète entière des programmes et simulations à la chaîne, qui substituent à la réalité des expériences humaines un ersatz machinique ouvrant sur des temps où l'homme n'aura plus sa place. Déjà, quand, dans les années 30, Walter Benjamin vit les premiers Disney avec la souris coupée en deux et reconstruite dans le même mouvement, il s'inquiéta de la suite des événements : quelque chose de notre intégrité et de l'unité pensée/mouvement se modifiait là radicalement. Aujourd'hui, la 3D et les potentialités qu'elle offre ont fait entrer l'entreprise du divertissement dans un rêve de simulation perpétuelle. Matrix Reloaded est donc ambigu : le film fictionnalise une lutte de réfractaires à la domination des simulacres mais façonne en même temps 2 h 18 de pur shoot visuel pour kids mondialisés, livrés pantelants au rouleau compresseur hollywoodien. Récit d'une émancipation créant des effets d'esclavage et de dépendance, Matrix est bel et bien un film fort, dans la mesure où, comme la religion, la psychanalyse et la drogue, il enchaîne et déchaîne les esprits EN MÊME TEMPS !

Film + jeu vidéo

Prenons garde : Matrix n'est pas un film, ou plutôt n'est pas que ça. C'est une marque, un sceau, une philosophie voudrait-on nous faire croire, mais surtout un marketing totalitairement lumineux. Pour la première fois, on nous présente un film qui n'est que la moitié d'un plus vaste objet (culturel ? commercial ? artistique ? politique ?), l'autre indispensable moitié étant le jeu vidéo du même nom et qui sort également mondialement aujourd'hui (1). La grande idée à l'oeuvre derrière le projet des frères Wachowski tient dans cette simple équation : si vous souhaitez vraiment plonger dans l'univers de Matrix, si vous voulez en percer tous les mystères, en expérimenter toutes les dimensions, alors vous devrez voir le film ET jouer au jeu.

Techniquement, ce prolongement du premier dans le second atteint des limites jamais percutées, avec le tournage exclusif de plusieurs heures de film supplémentaires, la révélation de clés inédites ou la modélisation numérique des acteurs prévue dès les contrats. Conceptuellement, la piste défrichée par les Wachowski est riche d'hypothèses passionnantes que l'on ne pourra mettre à l'épreuve des faits qu'en jouant une bonne partie, plus tard. Mais il est irrésistible pour un joueur découvrant le film de chercher à deviner ce qui, à l'écran, dessine la perspective d'un jeu qu'il fréquentera bientôt. Les références directes à l'univers vidéo-ludique commencent avec le premier personnage nommé dans le film : Link... (héros de la saga Zelda, faut-il le préciser). Sans même préjuger d'un gameplay qui reste à expérimenter, il semble évident que là où Matrix rejoint le mieux le coeur de la culture vidéo-ludique, c'est sur la question du temps.

Le jeu vidéo est presque entièrement fondé sur la maîtrise du temps, envisagé comme une matière physique et souple. Les meilleurs jeux sont ceux qui tirent tous les partis de la plasticité inouïe du chronos virtuel, et c'est précisément ce que les frères Wachowski s'appliquent à transposer au cinéma avec leur fameux effet ralenti-accélération et l'affranchissement absolu de toutes les contraintes spatio-temporelles : Matrix décrète son temps et nous l'impose, fût-ce celui de la tétanie, et c'est sans doute une bonne part du secret de sa réussite.

L'attaque des clones

Cet univers de simulation généralisée qu'engendre la Matrice opère sur les personnages un dangereux syndrome d'ubiquité pandémique. Un incessant déploiement de doubles, de clones et de jumeaux néfastes essaime dans tout le film, mettant en péril la permanence de la fiction sous une tyrannie tautologique : une rose est une rose est une rose est une... Le voyage dans la pseudo-réalité des humains suppose déjà un dédoublement des héros, collés à leur fauteuil et virtuellement transportés sur le champ de bastons sérielles hallucinogènes, leurs corps à la fois inertes là-haut et tricotant du techno-kung-fu métaphysique ici-bas, ou l'inverse.

Matrix Reloaded thématise à fond les puissances virales du «même» via la figure de l'agent Smith, sorte de col blanc venimeux capable de se démultiplier en escouades d'analogues, ivre de sa propre personne, tellement peuplée à l'intérieur qu'elle explose en multitudes. C'est aussi le magnifique duo des jumeaux ninja-rastafari enfarinés, capables de se métamorphoser en diables de synthèses similaires. Là encore, le monde du jeu pointe le bout de son nez et les gamers devraient reconnaître dans cet enchâssement des problématiques du double le principe réplicatif qu'ils croisent fréquemment dans leurs activités virtuelles, peuplées d'ennemis dupliqués à l'infini. Même le couple central Neo et Trinity (Carrie-Anne Moss, vraiment bien) semble travaillé par la permutation des identités tant ils se ressemblent et s'assemblent : bruns livides à lunettes noires et physiques androgynes. Politiquement cependant, le film prend le parti de la lutte contre l'hégémonie universelle d'un seul et même modèle.

Virtuosité numérique

Bien plus que le premier, ce deuxième épisode marque une date dans l'usage esthétique des effets spéciaux 3D. Pas un plan qui ne soit trafiqué au numérique : les mouvements des personnages mais aussi des déplacements de caméras invraisemblables, tel ce slalom du regard sous les roues d'un camion en pleine course, dont la continuité est impossible à réaliser sans ordinateur. Les Wachowski et la monstrueuse équipe des effets visuels menée par John Gaeta ont voulu repousser toutes les limites et frapper les masses de stupeur par la sophistication et le grandiose des séquences successives. Gaeta dit admirer Ridley Scott et Stanley Kubrick. On citera aussi Tsui Hark (The Blade). Fracas des corps contre la tôle, bris de verre, chutes, déflagration de marbre, secousses mentalo-sismiques, tourments browniens, fumée lente aux cheminées tandis que la vitesse fait rage au premier plan, gestes pilés/fixés/étirés au fusain digital... Reloaded est une extatique assomption formelle.

La BD pour matrice

Ce Matrix est aussi une BD, la plus belle, la plus futuriste qui soit. Et les Wachowski donnent enfin au cinéma quelque chose comme la version filmée d'une autre paire graphique, le duo français techno-patchouli des années Metal Hurlant (1980-1986) : Jodorowsky et Moebius. Quelle est la matrice de Matrix ? Le cycle de l'Incal, bien sûr (publié aux Humanoïdes associés). Même prêche baba-new age, même dôme communautaire en danger où il s'agira de concentrer ses forces et de dépasser sa peur : c'est l'occasion d'une des plus belles scènes du film, une méga-rave sensuelle et opiacée filmée dans une ondoyante langueur. Mais aussi même vertige devant des murs de pensée pure, de logique outrepassée, même désir de casser le récit pour atteindre à la matière, même densité inénarrable, mythologique, enivrante. Et ce sens du découpage, qui ne repose pas seulement sur la vitesse mais, comme la BD, sur la mise en suspens, la possibilité pour le lecteur-spectateur de s'arrêter, de jubiler. Matrix nous plaît aussi pour ça : on dirait une opération de hacking sauvage portée par de vilains petits Mickeys contre la matrice Hollywood-Disney. Alors, c'est la Matrix Revolution ? Non, ça, ce sera pour l'opus 3, programmé pour l'automne.

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- L'article de MADMOVIES:

Disons-le d'emblée, un film comme Reloaded est un cauchemar pour critiques. Tellement riche, complexe et foisonnant, il se prête plus à un débat à bâtons rompus en groupe qu'à une critique forcément unilatérale. Prêtons-nous toutefois à l'exercice, puisqu'il le faut, afin de voir si oui ou non Reloaded répond aux attentes qu'on avait pu placer en lui, et dans l'espoir d'éclaircir certains points (vous êtes prévenus, va y'avoir du spoiler).

Évacuons donc tout de suite le "gras" du film. Comme on pouvait le deviner au vu des bandes-annonces, et même en regard du baratin promotionnel de Joel Silver, les séquences d'action sont absolument monstrueuses et le film est clairement une date de ce côté-là. Réussite majeure pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'elles viennent rétrospectivement éclairer le fait que les frangins Wachowski possèdent bel et bien une maîtrise innée du filmage de l'action. On a beaucoup glosé sur le fait que les scènes d'action du premier n'étaient réussies que grâce à leur emprunt à John Woo et aux films HK mais force est de constater que Reloaded démonte cette théorie point par point. Là où la totalité des films de kung-fu "occidentaux" réalisés post- Matrix proposaient des combats mollement filmés en plans serrés auxquels était vainement tenté de donner un souffle via un montage cut, Reloaded nous donne à voir de magnifiques ballets en plan large, avec des séquences d’enchaînement de coups complexes en une seule prise, preuve définitive que la patte Matrix est inimitable. On admirera au passage l'extraordinaire travail de Yuen Woo Ping (aidé par Dion Lam), qui s'il se contentait plus ou moins de recycler son travail HK dans le contexte d'une prod hollywoodienne, tente ici de nouveaux schémas chorégraphiques. S’il travaillait beaucoup à HK sur les combats en espace large, il se focalise ici plus sur des espaces réduits (le très gracieux combat entre Keanu Reeves et l'excellent Colin Chou sur les tables du salon de thé, Morpheus et un des Twins se battant dans l'habitacle d'une voiture) ou sur les changements de hauteurs (le combat du château, dans lequel les combattants passent sans cesse d'un étage à l'autre). De fait, on n'a jamais l'impression de redite par rapport au premier film. Et encore, il ne s'agit là que de scènes d'actions que l'ont peut qualifier de "classique", les frangins décidant d'exploser les limites du genre avec le fight Neo/100 Smiths (le royal rumble le plus jouissif jamais vu, quoiqu'un rien handicapé par du CGI un brin visible par endroits) et surtout la déjà anthologique séquence de poursuite sur l'autoroute. Une séquence absolument énorme, déjà au point de vue logistique (on est pas prêt de revoir un truc pareil de sitôt) mais surtout parce qu'elle propose au long de ses 26 minutes une variété incroyable. On ne s'éternise jamais sur une action particulière et l'intérêt est sans cesse relancé par un nouveau danger, un nouvel obstacle à surmonter. Si l'on ajoute à cela des plans absolument incroyables dont on se demande bien comment ils ont pu être réalisés (la camera rasant les camions lors de la poursuite à contresens, le sauvetage in extremis effectué par Neo, tout droit sorti d'un comic-book dément), vous comprendrez aisément qu'on tient là rien de moins que LA séquence d'action et qu'il va être bien difficile de faire mieux (tout du moins jusqu'à la sortie de Revolutions). Bref, le contrat est aisément rempli de ce côté là.

Or donc, si les scènes d'action sont quasiment inattaquables (à moins d'être de très mauvaise foi, il faut au moins reconnaître l'exploit technique), le reste va être beaucoup plus problématique pour pas mal de gens (et c'est déjà le cas, si l'on en juge par les réactions glanées ici et là). Tout comme le premier, Reloaded comporte de longues plages dialoguées bourrées de notions philosophiques. Or si le premier avait tendance à clairement expliciter toutes les notions qu'il introduisait ("ceci est une pile"), cet opus préfère laisser le spectateur comprendre de lui-même. Ayant établi les bases, on fait confiance à l'intelligence du public pour tirer les significations possibles des éléments qu'on présente. Et c'est là que le bât va blesser pour beaucoup de monde. Au risque de paraître prétentieux, il est évident que Reloaded est un film qui se mérite, qui exige de la personne qui le découvre qu'elle s'implique au-delà de la simple vision de surface qui est la norme pour la plupart des films. Chaque élément est pensé comme partie d'un plus grand ensemble, chaque événement du film a son importance, et il est nécessaire de faire la démarche intellectuelle requise à sa compréhension. L'exemple le plus flagrant est la désormais fameuse scène de rave. La moitié du public va immédiatement la rejeter comme une scène inutile, trop longue et "d'inspiration MTV", alors qu'elle est clairement là pour souligner l'humanité toujours prégnante des habitants de Zion, qui, pour combattre leur peur, ne peuvent que s'abandonner dans un comportement humain tout ce qu'il y a de plus typique: une danse sensuelle dans laquelle tout autre sensation que le rythme et le toucher sont proscrites; signification d'autant plus flagrante au vu de la mise en parallèle de la scène d'amour entre Neo et Trinity, où la présence au milieu d'un acte charnel des plugs que les personnages portent sur le corps vient nous rappeler brutalement leur statut intermédiaire entre homme et machine. Et des exemples comme cela, il y en a dans tout le film. Beaucoup risquent également de rejeter les dialogues philosophiques comme étant basiques et élémentaires, alors que les Wachowski ne prétendent aucunement révolutionner la philosophie mais se contentent d'utiliser ce qui est censé être à la base un gros film d'action à SFX pour insuffler un embryon de débat chez un public plus généralement habitué au simple gros kaboum.

On peut comprendre l'incompréhension que va susciter le film, en ce qu'il prend totalement le contre-pied des schémas traditionnels d'une suite. Jusque là, les séquelles se déclinaient sous trois modes possibles: surenchère "bigger and louder", expansion ou continuation. Ici on assiste à une révolution totale de la façon de faire, puisqu’on a affaire à une suite qui n'hésite pas a bouleverser totalement tous les faits et idées établies dans le premier film, par exemple en montrant clairement Morpheus comme une sorte de fanatique religieux à mi-chemin entre Patton et un zélote furieux (dommage que cela nous donne le moment le plus embarrassant du film puisque Fishburne semble avoir beaucoup de mal pendant son grand discours) pour mieux par la suite totalement démonter son système de croyances qu'on nous avaient asséné avec force dans l'opus précédent. Plus généralement, Reloaded prend le premier film et le renverse totalement en démontant tout ce qu'il a construit, d'où déception programmée puisqu'il est évident qu'une majorité de gens s'attendaient à une suite beaucoup plus classique (notons toutefois que cette approche n'empêche pas la totale cohérence avec Matrix , un nombre hallucinant d'éléments présents dans Matrix trouvant écho dans Reloaded). Là encore, on en revient à l'effort à fournir pour accepter ce postulat de départ.

Bref, on pourrait discuter des heures sur le nombre phénoménal de concepts introduits par le film (on retrouve des thématiques sur l'existentialisme, la foi, la causalité, la question du choix) et sur ce que Revolutions va bien pouvoir apporter (les théories à ce sujet fleurissent déjà sur Internet), mais une chose est d'ores et déjà certaine: Reloaded est bel et bien une date dans l'histoire du cinéma, à la fois en terme de visuel et en termes de contenu, une œuvre complexe et passionnante, un pur film de geek totalement décomplexé s'assumant comme tel et admirable dans sa démarche artistique visant à toucher tous les médias possibles (puisque l'histoire se poursuit au-delà du film dans le jeu vidéo et les courts-métrages animés). Rendez-vous donc dans 6 mois pour la confirmation certaine que la trilogie va laisser son empreinte dans la culture cinéphilique avec la force d'un bon gros coup de tatane dans la gueule!

Note : 6/6

PS: On peut aussi raisonnablement se poser la question de l'attente démesurée suscitée par le film comme facteur responsable de la déception ressentie par certains, particulièrement symptomatique dans le cas du cliffhanger final. Les gens ont été tellement chauffés par Silver qu'ils semblent ne pas être capables d'arriver à voir au-delà de la simple image pour en tirer les implications... Oh well.

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- L'article de CHARLIE HEBDO:

A droite, la Matrice, univers de la manipulation et des identités changeantes. A gauche, la planète Zion, gigantesque cloaque où vivent reclus les derniers humains. D’un côté, le système, lisse et technologique. De l’autre, son alternative, tribale et primitive. Entre les deux, un trio d’électron libres, Neo, Morpheus et Trinity, qui tentent de sauver leur planète natale des griffes de l’Empire. Métamorphose et prolifération, telles sont les deux qualités majeures de la Matrice, à l’image de l’agent Smith, son apparatchik exemplaire. Mais mener la guerre suppose, au préalable, de repenser l’opposition au système et, par conséquent, de comprendre sa cartographie.

Qu’est-ce que la marge lorsque centre et périphérie se confondent ? Comment lutter contre un pouvoir diffus et instable ? Comment résister tout simplement? C’est un fait : Matrix Reloaded dépasse de très loin le premier volet, qui, esthétiquement, nous avait déjà bluffés -- une sorte d’objet insolite catapultant les expérimentations formelles de gens Epstein en territoire virtuel et Baudrillardien. Matrix 2 investit le terrain politique et constitue une réflexion passionnante sur la résistance et ses modalités à l’heure des flux, et peu importe ici qu’il s’agisse de pixels ou de dollars.

Au départ, le dispositif est entièrement binaire : les serviteurs de la Matrice contre ses dissidents, la programmation contre l’intuition, le logiciel contre le critique. Deux options, donc, et deux logiques guerrières : une logique datée qui croit encore à l’efficacité de la lutte depuis une position extérieure à la Matrice. C’est Zion, avec ses habitants flanqués de gris-gris, de convictions mystiques, et près à s’étourdir dans des raves techno-préhistoriques. Le hippie noir revu à la sauce planète des singes. Zion incarne la version dégénérée de la contre-culture américaine et l’on ne peut que constater l’inefficacité de son mode d’action dans un monde devenu réseau. En face de ces résistants ancienne manière : la logique de l’infiltration. C’est Néo, devenu l’Elu du peuple de Zion, non pas au nom d’une mystique de bazar propre à aveugler les logiciels critique, mais pour sa capacité à inventer, en tout inconscience d’ailleurs, de nouvelles trajectoires à l’intérieur du système. Pour Néo et sa bande, il faut circuler sans cesse, de Zion à la matrice et vice-versa, il faut se réapproprier les lignes du réseau que l’on combat et détourner son mode d’emploi. Il s’agit d’expérimenter de nouvelles formes de résistances, d’avancer à vue et dans les airs, même si le film statue in fine, sur la position la plus productive : la Source, point nodal et immaculé de la Matrice, où Néo rencontre enfin le concepteur du système. C’est alors la grande leçon politique du film : il n’y a de résistance efficace qu’au centre.

La compréhension des enjeux narratifs et des perturbations du récit (assez complexe il est vrai) passe de fait par une compréhension des mécanismes politiques en jeu. Le spectateur ne pourra jouir du spectacle qu’au prix d’un détour par la chose publique. Le film des frères Wachowski apporte à nouveau la preuve de l’incontestable puissance du cinéma américain et de certains de ses Blockbuster, capables d’occuper toute la largeur du spectre, du majoritaire au minoritaire, du populaire au politique, parce que l’un ne va jamais sans l’autre. Matrix Reloaded, film résistant en plein cœur de la matrice hollywoodienne.

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- L'article du NOUVEL OBSERVATEUR:

Zoé a 17 ans, un T-shirt au-dessus du nombril et des étoiles plein les yeux. Si elle a vu «Matrix»? «Et comment! Le un et le deux, précise-t-elle fièrement. C’est trop cool, il y a tout dans ce film. Des superscènes d’action, une histoire d’amour incroyable et plein d’idées philosophiques qui font réfléchir.» Elle ne regrette pas ses 5 euros. D’autant qu’au lycée les aventures cybernétiques de Neo, l’homme élu pour déjouer le programme informatique qui régit l’univers (la Matrice!), alimentent les conversations. Autour de questions cruciales: qui l’emportera du monde réel ou de la virtualité des machines (qu’est-ce donc que la réalité)? Que va devenir Zion, la dernière poche de résistance humaine perdue dans les entrailles de la Terre, si elle est, elle aussi, une création de la Matrice (le libre arbitre est-il une illusion)? Des amours de Noe et Trinity naîtra-t-il le vrai sauveur de l’humanité (y a-t-il une fin à l’aliénation) ?

Seule certitude: le deuxième volet de la trilogie des frères Wachowski, opportunément intitulé «Matrix Reloaded» («Matrix rechargé», en langage informatique!), casse la baraque. Avec 4,5 millions d’entrées en moins de trois semaines en France, l’odyssée numérique truffée de cascades et d’effets spéciaux se rapproche des sommets planétaires que furent «la Guerre des étoiles» ou «X-Men». A lui seul, il réalise 37% des entrées en France, pulvérisant le franchouillard «Fanfan la Tulipe» (9% [voir le match p.129]). Le cœur de cible? La génération des 15-35 ans, qui s’est rendue en masse dans les salles obscures. Mais aussi des parents entraînés dans ce vaisseau par leurs ados et des quadras «en prise avec l’époque» ou juste curieux de découvrir la plus grosse machine hollywoodienne de la saison. Si bien qu’il est tendance, ce printemps, d’arborer à toute heure du jour ou de la nuit des lunettes noires, marque de fabrique des héros matrixiens.

Le phénomène n’est pas nouveau. Car la matrixmania remonte à 1999, lorsque le premier volet de la trilogie des frères Wachowski fut, à la surprise générale, plébiscité par le grand public… et salué par la critique! A l’époque, ce cyber-thriller original avait réveillé la science-fiction. Après quatre ans de suspense, le temps d’écouler tout de même 25 millions de DVD et de cassettes vidéo dans le monde, le deuxième épisode était fort attendu… Ouf, le verdict est aujourd’hui connu. Critiques et simples spectateurs considèrent en règle générale que la suite présentée au Festival de Cannes n’est pas vraiment à la hauteur – «"Reloaded" n’est pas un bon film sur le plan cinématographique: lourdeur du scénario, longueur de certaines scènes, rythme défaillant et discours un peu prétentieux. On est loin du premier, qui avait su faire entrer le spectateur lambda dans l’univers de Matrix», estime Jean-Yves, un lycéen parisien féru de science-fiction. Et pourtant «Reloaded» est parti pour faire encore mieux que le premier opus considéré comme majeur !

Car les 12-25 ans, qui constituent le plus gros bataillon des fans, se reconnaissent dans cet univers. Matrix leur appartient. Ils en parlent comme leurs parents parlaient du dernier single des Stones! C’est la référence «indéchiffrable» par les aînés qui permet de s’affranchir et de se retrouver entre initiés d’une même génération. «Mes parents détestent. Ils trouvent ça violent et ne comprennent rien au message. Ça ne m’étonne pas. De toute façon, je préfère en parler avec mes potes, lâche Maxime, 17 ans. Les plus de 40 ans n’ont pas les références culturelles pour apprécier ce film, comme leurs parents n’ont rien compris au rock.»

D’où l’exaspération du jeune public à l’encontre des critiques du «Masque et la Plume» (France-Inter) qui, il y a deux semaines, ont osé matraquer la superproduction. «J’ai écouté comme chaque semaine votre émission pour voir ce que l’élite intellectuelle du cinéma pensait d’un film destiné à la masse, à la jeunesse adolescente dégénérée et qui en plus ne sera pas assez nombreuse pour payer vos retraites. Et votre lynchage m’a laissé pantois», écrit Kelly, 16 ans, l’un des nombreux auditeurs à avoir manifesté son courroux à l’aréopage cinéphile du dimanche soir.

Reste à déterminer ce qui bouleverse tant les accros de la bande à Neo. Commençons par le plus simple: l’action. Avec ses 100 millions de dollars d’effets spéciaux, des combats réglés comme des ballets et ses poursuites dantesques (14 minutes sur une autoroute reconstituée pour l’occasion dans le désert de Californie!), Matrix constitue un divertissement hors pair pour les ados, grands consommateurs du genre. A elle seule, la fameuse scène où Neo affronte une centaine de clones de Smith, agent malfaisant de la Matrice, était très attendue par les fans. Inventeur du bullet time, cette technique de ralenti qui permet de geler une image au cours de l’action, les frères Wachowski passent pour des maîtres de la cabriole assistée par ordinateur. Et cette fois ils se sont dépassés: 2 500 plans du film comportent des effets spéciaux. A cela s’ajoute une esthétique inspirée des jeux vidéo, des références permanentes à l’univers de l’informatique et une bande-son techno… Bref, tout pour plaire à un jeune public qui a grandi entre PC et consoles.

Mais, au-delà du divertissement, c’est la thématique du film qui fait mouche. «"Matrix" lance une alerte qui concerne notre avenir. La domination de l’homme par la machine et l’intelligence des programmes», explique un internaute répondant au pseudo de Morpheus rencontré sur l’un des sites voués au culte de « Matrix » (1). «Nous avons grandi dans un univers de crise. Les valeurs individuelles prenant le pas sur les valeurs de la collectivité mais aussi avec la mort des idéaux socialistes, nous ne sommes plus une génération croyant au progrès par la science. En un sens, nous sommes devenus très cyniques et désabusés», estime Pierre-Yves, 25 ans, ingénieur en génie des télécommunications. Voilà qui correspond bien à l’univers de «Matrix», où le salut de l’espèce asservie repose sur un seul individu. Signe des temps: en quinze ans, depuis le succès du «Grand Bleu» de Luc Besson, nous sommes passés d’une génération «vivons en harmonie avec la nature» à une génération «sauvons notre peau»…

Pour autant, le film, tel qu’il est perçu par ses jeunes défenseurs, n’est pas dénué d’espérance. «Neo est l’innocence même. Loin des Bruce Willis ou des Schwarzenegger. Il est un homme tout simplement, vrai et touchant. Trinity est une femme qui se bat contre son côté tendre et humain, qu’elle considère comme une faiblesse, pour être l’égale des hommes. Tout ce qu’une femme s’efforce d’être dans la société d’aujourd’hui. Et Morpheus a une foi telle que nous ne pouvons que croire en lui. C’est le propre de l’homme de croire pour survivre», explique TrinitylovesNeo, jeune animatrice du site Modrek.com. Epopée, quête du Graal, cosmogonie… A l’instar de «la Guerre des étoiles» ou du «Seigneur des anneaux», «Matrix» fonctionne comme un récit initiatique. «Le film pose les bases de la vie», estime Michel, étudiant de 21 ans.

Les frères Wachowski, autodidactes à l’esprit ouvert, ont truffé leur œuvre de références mythologiques, philosophiques et religieuses. «On trouve toujours de nouveaux symboles et de nouvelles interprétations pour chaque scène ou chaque dialogue», s’émerveille Marine, 17 ans. Et même si les intellos snobent ce grand bazar où se côtoient Platon, Bouddha, Jésus-Christ, Descartes, Shakespeare, Schopenhauer ou Baudrillard, pour beaucoup, «Matrix» constitue une approche ludique et décomplexée de la pensée. «C’est un peu mon prof de philo chez Nintendo. Mais pourquoi pas?», rigole Stéphane, 32 ans.

Dans le monde de «Matrix», le contact avec l’invisible (Dieu? le grand architecte? l’Univers? ) est permanent. «J’y vois une sorte de grande Bible remixée. Beaucoup de gens le prennent comme une aide pour se préserver des dangers et ne pas avoir peur de ce qu’ils vont affronter», avance Morpheus, un jeune internaute. Car, dans les mondes impitoyables dominés par la Matrice, il n’est pas question de transcendance, de vie après la mort, encore moins de paradis. L’arme au poing et le coup de pied facile, le dernier des hommes cherche à retrouver un peu de vie. Et un peu d’amour.

Et tant pis si ce grand rébus métaphysique est aussi une gigantesque opération marketing. Chacun sait que dans ce domaine la Warner, filiale du géant AOL Time Warner, qui a englouti 300 millions de dollars dans la production des deux derniers épisodes de la trilogie, n’a rien laissé au hasard. Attente du film savamment orchestrée, campagne de teasing publicitaire ciblé, produits dérivés, lancement simultané du jeu vidéo «Enter the Matrix», qui s’est déjà vendu à 1 million d’exemplaires, sortie prochaine du troisième épisode dont la bande-annonce est diffusée après le générique de fin de «Reloaded»: tout a été pensé pour exciter la curiosité des fans sans les rebuter par un battage médiatique excessif. «Je veux révolutionner le marketing hollywoodien», martèle Joel Silver, le producteur de «Matrix», qui garde le plus grand secret sur ses méthodes et son budget: on parle de 100 millions de dollars investis dans la promotion. Sans être dupes, les aficionados ne s’en offusquent guère. L’ampleur et l’habileté de la campagne semblent portées au crédit du film. Sur les sites internet, le blitz commercial orchestré par les studios Warner fait l’objet de rumeurs et de commentaires. Au même titre que le film lui-même! «La Warner, c’est un peu la matrice de la Matrice», s’amuse Antoine, 18 ans.

Bien sûr, cette adéquation d’un produit à son audience ne génère pas nécessairement du grand cinéma. «Il faut distinguer le succès sociologique d’un film de sa portée esthétique. Y a-t-il vraiment là une nouvelle forme cinématographique qui bouleverse les codes établis? Je ne le crois pas», plaide Dork Zulbanian, chercheur et enseignant en septième art. Accumulant les emprunts sans les transcender, «Matrix Reloaded» apparaît plutôt comme une machine à recycler. Et, à l’exception de «Libération», dont le compte-rendu cannois fut enthousiaste, la majorité des critiques a débiné le long métrage, «la plus grosse arnaque esthético-philosophante dont Hollywood-Babylone ait accouché depuis l’invention du blockbuster intelligent», selon le magazine «Tehnik’Art», peu suspect de «racisme anti-jeunes». Heureusement, comme dans les jeux vidéo, les frères Wachowski ont encore une vie. Le jugement final ne pourra être porté qu’après la sortie de «Matrix Revolutions», dans cinq mois. Quelle sera la morale de l’histoire? La Warner veille jalousement sur les secrets de «Matrix Revolutions». Et a opté pour un lancement simultané dans le monde entier afin de limiter fuites et piratages. Pourvu que, le 5 novembre, les frères Wachowski ne s’en tirent pas par une pirouette ! Elle briserait des millions de rêves, qui ont aussi leur prix.

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